Au commencement était...
Mon père, et non le verbe, pour cette histoire ! Il était passionné par la biologie et les sciences de la nature. Il avait fait des études en lien avec le vivant, la forêt, et nous emmenait souvent en rando en montagne avec mes frères pour nous expliquer des choses sur la nature.
Un jour, il a eu l’occasion de faire un petit stage de découverte de l’apiculture avec ma mère, il a sauté sur l’occasion pour s’inscrire. Sauf que ma mère n’avait aucune envie de s’approcher de machins qui volent et piquent. Et comme j’étais sur le canapé pendant les vacances d'été, juste après mon bac, c’est moi, l'aîné de la fratrie, qui me suis retrouvé ainsi plusieurs semaines de l’été 2010 à faire de l’apiculture avec mon père dans les prairies et forêts de Cerdagne Capcir.
J’ai poursuivi ensuite mes études dans l’ingénierie, loin de la Cerdagne et des ruches que mon père commençait à installer. De son côté, mon père voulait réduire son activité à l’ONF et partir vers d’autres horizons, plus liés à la nature et notamment à l’apiculture. Il avait déjà installé une trentaine de ruches et aimait s’en occuper avec moi lors de mes vacances, ou avec mes petits frères.
Il aurait voulu aller plus loin mais n’en a pas eu le temps, un accident l'ayant emporté peu avant la fin de mes études.
Mon père avait commencé une étiquette pour le jour où il se lancerait pour de bon dans l'apiculture ! J'ai repris tant l'étiquette que le nom du rucher.

Le Rucher de Prats d'Amont
J’étais encore en études lors de l’accident. Mon diplôme en poche et ayant une famille à gérer comme je le pouvais, j’ai commencé à travailler comme ingénieur à Toulouse, mais j’ai gardé des rêves de miel. Deux ans et une démission plus tard, je voulais changer de vie car je me sentais éloigné de ce que j’aimais. J’ai alors repris contact avec les amis de mon père à qui nous avions laissé le matériel d’apiculture et les ruches survivantes à son décès. Ils étaient ravis de m’accueillir et me transmettre le matériel de mon père, ses ruches et leurs connaissances.
Au terme d’une année à ré-apprendre avec eux le métier, j’ai lancé ma propre activité avec une vingtaine de ruches qu'ils m'ont offert. Avec leur aide, je suis passé d’une vingtaine à une quarantaine de ruches en quelques années, puis lorsque le covid emporta l’un d’eux, j’ai récupéré sa quarantaine d’essaims pour ainsi finir avec près de 100 ruches depuis 2022.
C’est donc en 2022 que je lance officiellement le Rucher de Prats d’Amont, nom que mon père avait donné à son rucher.
Ce n’est pas mon seul métier, je suis toujours ingénieur et ai monté une SCOP qui fait de la vulgarisation et de la formation sur les sujets environnementaux et écologiques (climat, énergie, biodivesité) après une reprise d'étude que j'ai éludé dans ce récit. Sinon j'ai une conférence gesticulée qui raconte tout ça !
En tout cas, cet équilibre entre l'activité d'apiculture et l'activité scientifique me permet de diversifier mes activités et ne pas me retrouver sous des pressions qui m’amèneraient à renoncer à des pratiques extensives auprès de mes abeilles, ou à devoir faire du volume pour tenir des engagements financiers.
Mon grand père paternel s'est découvert sur ses 78 ans un grand talent de peintre. Je lui ai demandé de refaire l'étiquette de mon père, son fils, en aquarelle. Puis mon frère me l'a mise en page.
Derrière une étiquette, trois générations de Vanbalberghe vous observent. Ca fait réfléchir hein ?





